Linux a 20 ans

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Article pour le Framablog.

L’interview en question est disponible ici. C’est marrant, parce que les commentaires sont plutôt pro-Torvalds, alors que moi ses déclarations m’ont pas mal étonné. Certes, qu’on ne soit pas tous des Stallman en puissance, qu’on fasse plus de concessions que lui, ça me va (je suis moi-même loin d’être 100%-libre dans ce que je fais, en informatique ou ailleurs – on fait ce qu’on peut, comme on dit)… Mais je trouve ça un peu bizarre de faire du pragmatisme de Linus une vertue alors qu’en lisant ses avis sur le propriétaire (désigné par « commercial« , étrangement), ça donne plutôt l’impression que le message, c’est qu’on peut baisser son froc si le résultat nous arrange et trouver cela classe quand même.

Et je reste persuadé que si on retire le côté éthique au libre (et qu’on en fait de l’open source, en gros), on ouvre la porte à des dérives comme réduire l’open source à un « capital sympathie » pour les entreprises qui veulent « faire genre on est ouverts » tout en conservant leur pouvoir sur les utilisateurs. Même si on ne fait pas toujours ce qu’on veut dans les actes, il me semble important de rester ferme sur ses idées.

Bref. Sujet à troll, mais en tout cas j’ai choisi mon camp…

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22 commentaires à propos de “Linux a 20 ans”

  1. Bah ouais, sauf que tu t’es planté. Linux n’est sorti « officiellement », dans sa version 0.1, que le 25 août de la même année! 😛

  2. « Et je reste persuadé que si on retire le côté éthique au libre (et qu’on en fait de l’open source, en gros), on ouvre la porte à des dérives comme réduire l’open source à un « capital sympathie » pour les entreprises qui veulent « faire genre on est ouverts » tout en conservant leur pouvoir sur les utilisateurs. » cf Google

  3. Je me sens plus d’accord avec Torvalds qu’avec Stallman. Selon la belle utopie du libre les programmeurs se retrouvent au chomage.
    Le libre c’est bien , mais il faut bien qu’on vive alors le propriétaire est bien aussi. Le tout est de savoir doser les deux , faire du libre dans son temps libre par exemple.

  4. Tout à fait d’accord avec tes remarques sur Torvalds. Même si c’est clair que je suis aussi obligé de faire des concessions sur le libre, je reste persuadé que le plus important dans le libre c’est son côté éthique. Ne faire appel au libre que pour des raisons techniques, c’est passer à côté du message et de l’esprit de la chose. Et c’est dans ce sens que certaines déclarations de Torvalds, lui « l’inventeur » du noyau Linux, me désolent…

  5. @Kryzaal

    Voilà exactement ce qui me gène dans le discours de Torvalds…
    Déjà, les programmeurs se retrouvent au chômage, on n’en sait rien vu qu’aucune économie du libre (exclusive, je parle) n’a jamais existé. Ce n’est pas dit, une grande partie du marché du développement vient des commandes des entreprises (le fait que le programme produit soit libre n’empêchera pas les entreprises de payer pour son développement s’ils en ont besoin).

    Ensuite, c’est le raisonnement qui me gène : l’argent, les marchés, tout ça, c’est censé être au service de l’Homme (même si on a un peu du mal à y croire, je te l’accorde). Ce n’est pas à l’Homme de s’adapter aux marchés, si le marché va à l’encontre du bien commun, c’est qu’il est mal fait (même raisonnement pour l’industrie de la musique, Hadopi et tout le tintouin), et dans ce cas on doit le changer (très utopique aussi, je te l’accorde à nouveau).

    Le fait qu’il y ait du pognon à se faire dans le propriétaire ne signifie pas que ce soit normal ! Le « il faut bien vivre » est dangereux, tu peux justifier n’importe quoi comme ça… Si demain je privatise l’air, que tout le monde doit avoir un masque avec un abonnement (et si tu paies pas, plus d’air), je vais créer de la richesse, de la croissance et des emplois, non ? Et si on veut me retirer ce droit, je te dirais « ah mais il y aura des gens au chômage, c’est pas possible, faut bien vivre ».

    Le fait qu’une poignée de connards se soient rendu compte il y a quelques décennies qu’en fournissant uniquement les binaires des programmes, on exerçait un contrôle sur l’utilisateur qui permet de lui faire casquer pour n’importe quoi et de le coincer avec des formats fermés, ne rend pas la chose légitime pour autant…

  6. Euh, ouais. Sinon si on cite en entier la réponse de Thorvalds :

    LinuxFr : Je sais que tu te considères comme une personne pragmatique et pas comme un prophète… Mais, est?ce que tu serais d’accord pour dire qu’il y a un contenu de nature éthique dans la licence GPL??

    Linus Torvalds : Je vais répondre à ça de deux façons différentes, et je vais essayer d’expliquer pourquoi je réponds de deux façons différentes.
    La première réponse, très négative, c’est que je méprise complètement les gens qui tentent de pousser la GPL comme étant de type «?éthique?». Je pense que c’est de la pure connerie. Pourquoi?? Parce que l’éthique, pour moi, c’est quelque chose de privé. Chaque fois que vous l’utilisez dans un argument pour dire pourquoi quelqu’un d’autre devrait faire un truc, alors vous n’êtes plus éthique. Vous devenez juste une tête de con moralisatrice.

    Mais la seconde réponse, c’est que personnellement je pense que la GPL (version 2) correspond à ce que je veux faire. J’aime vraiment programmer et je veux rendre disponible mon travail pour que les autres puissent en profiter. Mais je pense vraiment que tout le « vous pouvez faire ce que vous voulez, mais vos améliorations doivent être disponibles de la même manière que le code d’origine » est très juste, et que c’est un très bon moyen de faire du développement.

    Donc, personnellement, je pense que la GPLv2 correspond d’assez près à ce que je pense être « la bonne manière de vivre ma vie ». Et par « bonne manière », je ne veux pas dire que ce soit la seule manière. J’ai fait aussi du développement sous licence commerciale et j’ai beaucoup aimé ça. Je pense que c’est aussi correct et approprié (Eh, ils m’ont payé pour le faire).

    Donc, je pense que la GPLv2 est une bonne licence et je l’utilise pour mes propres raisons personnelles. Je pense que c’est aussi vrai pour de nombreuses autres personnes, mais je veux vraiment préciser que ce n’est pas la licence qui est éthique en elle?même. Beaucoup d’autres personnes pensent que la licence BSD, avec ses libertés encore plus étendues, est une meilleure licence pour eux. Et d’autres préféreront utiliser une licence qui conserve tous les droits au propriétaire du copyright et qui ne donnera aucun droit sur les sources aux autres personnes. Et pour eux, c’est leur réponse. Et c’est bien, c’est leur choix.
    Essayer de promouvoir une licence particulière comme étant « le choix éthique » me rend malade. Vraiment.

    Il a l’air moins pourri comme ça, non? Le coup de sortir les citations du contexte me paraît par contre un peu limite. Ou était-ce juste pour la vanne?

  7. Le lien était en dessous pour ceux qui voulaient lire en entier, je me vois mal recopier un texte comme ça dans un dessin de 500x375px.

    Même avec le contexte, c’est le discours de Torvalds que je trouve limite moi…

  8. Ce que j’apprécie c’est qu’il a des opinions personnelles qui me conviennent (utiliser la GPL) mais qu’il ne méprise pas ceux qui ne les partagent pas et ne refuse pas a priori de communiquer avec eux.
    Ce n’est pas en s’enfermant dans une tour d’ivoire et en regardant le reste du monde de haut que le libre arrivera à se diffuser.
    La preuve en est : s’il avait fallu attendre HURD ou se limiter à des distros à la Debian, combien d’utilisateurs de gnunux en moins? Ça n’en valait pas la peine?

  9. Ah mais je ne remets absolument pas en cause l’accomplissement et le rôle du bonhomme (d’ailleurs, ne suis-je pas effectivement un utilisateur du bien nommé noyau Linux ?). Bien sûr que sans ça, le projet GNU serait encore loin (encore que, rien ne dit que s’il n’y avait pas eu Linux, plus d’attention n’aurait pas été porté sur Hurd justement par nécessité – mais rien ne sert de refaire l’histoire).

    Je trouve juste dommage que le porte-drapeau du système libre de référence soit finalement plus là par hasard que par conviction… Et du coup je comprend un peu pourquoi Stallman a les glandes qu’on retienne plus Linux que GNU.

    Et je ne pense pas que Stallman méprise les gens (pas son genre) qui font du propriétaire, je pense qu’il méprise surtout ce qu’ils font (à raison, d’après moi, mais chacun est libre d’en penser ce qu’il veut 😉 ), la nuance est légère mais quand même.

  10. @Gee > Tu n’a pas du comprendre ce qu’à voulu dire Linus. Il dis clairement qu’il a des conviction et il sait très bien pourquoi il a choisi la GPLv2. Il dis juste qu’il n’apprécie pas les gens qui veulent obliger les libristes à adopter une posture en particulier.

    « Et je reste persuadé que si on ne parle que du côté éthique au libre , on ouvre la porte à des dérives comme la division dans les communauté à cause de personnes qui ont trop de caractères et de gros égaux. Même si le libre a une part de philosophie, il me semble important de rester ouvert sur ses idées. »

    Très franchement, ça dois faire deux ans que les fois où Stallman se fait remarquer me font juste rire. L’exemple le plus frapant c’est quand il a reproché à Debian d’installer Mono de base, alors que :
    – Debian ne faisais que suivre ce qui était fait dans le projet Gnome
    – Fedora, Ubuntu et, pire encore, gNewSens (distribution chapotée par la FSF et utilisée par Stallman) le faisaient déjà

    Bref c’est un troll comme les autres et il est sur un même pied d’égalité avec Linus et Theo de Raadt.

  11. la notion « d’éthique » dans le sens de « moral » megêne un peu concernant le libre. personnellement, je ne suis impliqué dedans qimplement parce que je pense que c’est une attitude moralement supérieure, mais parce que je profite d’une alternative au système commercial (apple et windows) et que j’ai accepté le fait qu’il n’y a rien de totalement gratuit en ce monde: quelqu’un paye forcément, de son temps ou autre, pour le produit que tu utilises gratuitement.

    je participe donc à la diffusion du libre dans le but d’alimenter la noria et de continuer à profiter, en quelque sorte au prix d’une contribution librement consentie, de logiciels libres.

    je comprends la position de Linus comme étant « si des gens veulent payer d’autres gens pour produit du logiciel qu’ils vendront ensuite à prix d’or à d’autres gens, ça ne me gêne pas. » Il est vrai qu’il y a des dérives selon lesquelles lesdits commerçants essaye de s’approrier des ressources unverselles à coup de brevets hypocrites: ceci est effectivement moralement répréhensible. Mais l’altruisme doit rester un choix personnel.

    de même, des rigoristes come RMS doivent perdurer pour rappeler ce que devrait être le monde dans une réalité idyllique.

  12. désolé pour les fautes, je ne me suis pas relu, et je ne peux pas éditer.

  13. « on comprend soudain très facilement la différence entre open source et libre »

    euh je dois être neuneu mais moi je n’ai pas compris ! Pour moi Je pensais qu’on pouvait être « open as a beer bar », tous mes idéaux se cassent la gueule !

    Non sans rire, qui pourrait me l’expliquer en quelques mots ?

  14. @Gee

    Je suis tout a fait d’accord mais quoi que l’on fasse on est dans un systéme qui ne changera pas , meme si les marchés a l’origine etaient au service de l’homme , ils sont maintenant au service de quelques uns.
    Je suis pragmatique depuis que j’ai commencé a bosser , je suis totalement pour le libre dans le principe , et dans mon temps libre mais pour le reste il vaut mieux un demi-stallmannien qu’un chomeur …
    Des qu’une idée peut faire gagner du fric elle sera vite trouvée , au detriment de celles , souvent meilleures sur beaucoup de plans qui sont entérées. GNU/Linux est une bénédiction en ce sens , pour avoir réussi une percée importante dans le mur du profit et d’ouvrir la porte a une alternative a ce systéme.
    Mais il ne faut pas se voiler la face , Linux reste largement minoritaire chez l’utilisateur lambda ( Android mis a part ).
    Le marché actuel , et pas que du logiciel libre , est dominé par une caste de profiteurs cupides et aigris , pour qui « le bien commun » est une vaste blague. Le probléme c’est qu’en dessous des ceux la il y aura toujours de gentils moutons pour surconsommer et se satisfaire de leur dernier achat aussi bourrés de prozac qu’un porc d’antibiotiques ..
    Et ce n’est pas les politiques frileux ou a la solde des grands patrons qui vont changer les choses.
    En attendant le déclic faut se ranger plus ou moins, ranger quelques principes au placard pour vivre dans ce monde.

  15. @Kryzaal > J’ai l’impression que tu n’a pas compris grand chose….
    Tu oppose le monde commercial au monde libre, ce qui est profondément débile. La GPL ne s’oppose pas au commercial, même s’il est complexe de trouver un modèle économique avec du logiciel libre.

  16. C’est pas ESR qui a inventé le terme d’Open Source ?

  17. D’accord avec toi Gee.

    En fait, Linus est trop politiquement correcte. Son discourt est fait pour convenir à tous le monde. Un peu pour l’un, un peu pour l’autre, je ne veux pas d’ennuis.

  18. Personnellement, je m’estime heureux de pouvoir utiliser des logiciels libres et je n’ose même pas imaginer où nous en serions sans eux. Je trouve qu’on leur fait souvent des faux procès (qualité des produits ( ex: gimp vs photoshop, ms office vs libO); GPL c’est pas libre je peux pas faire du proprio avec; etc.) en oubliant l’essentiel. Certes, surement plein d’entre eux sont perfectibles, mais fuck c’est un cadeau qu’ils ont fait à l’humanité (car la plupart des logiciels libres sont aussi gratuit). Moi rien que ça, ça m’épate. Et si on est pas content, on peut toujours contribuer pour l’améliorer (voire le forker si nos désirs sont vraiment très différents). Pour ça, cet esprit éthique est important, pas pour limiter les droits, mais créer un cercle vertueux d’entre-aide. C’est un prix pas très élevé pour avoir accès à tous ces logiciels.

    D’un autre côté, particulièrement en tant que développeur, la question du «il faut bien becter» me touche aussi. Ce n’est pas facile de vivre du libre. Si payer un logiciel n’est pas obligatoire, «pourquoi je le ferais ?» est une question qui doit venir à pas mal de monde.

    Comme je l’ai déjà écrit. Le problème de RMS c’est qu’il a raison. Mais il a raison tout seul, donc en fait il a quand même tord (cf Galilée). La position de Linus (bien qu’elle choque les libristes purs et durs) est plus consensuelle vis-à-vis du reste du monde. Je pense que c’est intéressant d’avoir les 2 points, comme ça, on progresse sur tous les fronts. 😉

    @jarod

    open source -> tu peux accéder au code source du logiciel

    libre -> * les 4 droits :
    _ libre d’utiliser un logiciel
    _ libre d’étudier le code source et de le modifier pour tes besoins ( ça c’est open source si on veut)
    _ libre de redistribuer le logiciel original
    _ libre de redistribuer le logiciel modifier
    * un devoir : la copie que tu redistribue doit donner les mêmes droits/devoir à ceux à qui tu la redistribue (ce qu’on appelle l’aspect viral de la GPL)

  19. Oui deux ans plus tard mais bon faut bien préciser :

    Déjà que le dev principal du Hurd est pas barbu… encore que c’est vu de façon métaphorique…
    Puis les motivations du développement du Hurd ne sont pas éthiques ni politiques, on a Linux pour ça (GNU Linux-libre pour sa version 100% libre), mais techniques : les micro-noyaux sont bien meilleurs, et l’architecture ultra-modulaire et décentralisée en « serveurs » qui font tourner les services du Hurd qui le rendent beaucoup plus flexible et puissant. Par exemple, on peut mettre à jour un bout du noyau comme… l’écran… ou l’authentification… ou même toute l’interface POSIX… au choix… sans rebooter… indépendamment du reste… On peut créer un système de fichier en temps qu’utilisateur… on peut faire tourner d’autres bouts de noyaux en tant qu’utilisateur sans aucun problème de sécurité… Et ya même des bindings, je sais plus si ceux en Python ou Guile sont attendus ou déjà faits… et ce n’est que la partie immergée de l’iceberg.

    Après pour ceux qui disent que sans Linux l’usage de Gnunux serait bien embêté : non, Linux a pompé toute la force de travail, et a un peu ralenti tout le reste. Sans Linux, le reste se serait développé plus rapidement sans problèmes. On pourrait espérer un Hurd complet, mais bon c’est complexe comme histoire (architecture trop novatrice), et je pense qu’un truc comme le noyau de FreeBSD aurait été plus réaliste. Comme quoi Linux n’est pas si important… Par contre sans le mouvement du logiciel libre et GNU, BSD n’aurait jamais été libre, Linux n’aurait jamais été libre, il n’y aurait jamais eu de Google ou de Mac OS X, pas d’Apple, pas d’iPhone, pas de smartphone, jamais de grand développement des ordinateurs personnels, jamais de Web, jamais de grand développement d’Internet… pas de révolution… pas de problèmes de copyright… le Moyen Âge quoi…

    Tout ça pour un tout pitit coup de gueule pas méchant quelques jours après la fête des 30 ans de GNU par l’April (où j’étais, j’ai même été l’un des rares à recevoir un T-shirt des 30 ans de GNU pour l’occas’), et quelques jours avant l’anniv’ officiel (le 27) fêté à Boston.

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